La nébuleuse de la première version était une sphère vue de face. Elle respirait bien, mais elle restait plate — un motif sur un fond noir. La V2 pose une caméra basse, en légère contre-plongée, et met un sol dessous. À partir de là, la présence n'est plus une image : c'est un objet dans une pièce.
Quatre populations
L'essaim n'est pas un nuage homogène. Il est composé de quatre familles de particules qui ne servent pas à la même chose : les nettes, qui donnent la structure ; les douces, qui donnent la matière ; les bokeh, volontairement défocalisées, qui créent la profondeur de champ ; et les filaments et liens, qui suggèrent un réseau sans jamais le dessiner explicitement.
- De 1 400 à 3 000 particules, calées sur la surface réellement affichée — un grand écran gagne en densité, un petit ne rame pas.
- Rotation différentielle — la vitesse angulaire décroît avec le rayon, exactement comme dans une galaxie : les bras spiraux s'enroulent tout seuls, on ne les dessine jamais.
- Une quarantaine de rubans et environ cent-trente liens, tissés uniquement entre particules voisines en rayon et en angle.
- Un cœur chaud dans un corps froid — la palette bascule vers l'incandescent au centre, sur une dominante cyan et violette.
La murmuration
Le vrai saut de la V2 n'est pas le nombre de particules : c'est leur cohérence. Des ondes traversent l'essaim de part en part, à la façon d'une nuée d'étourneaux — et une crête déferlante tourne lentement autour de la masse, en précession. Le mouvement n'est jamais aléatoire par particule ; il est aléatoire à l'échelle de la nuée.
Quatre états, une seule table
Tout le comportement de la présence tient dans quatre jeux de cibles — vitesse de rotation, luminosité, déferlante, rubans, amplitude de murmuration, énergie de fond. Le moteur interpole en continu vers la cible de l'état courant ; il n'y a aucune animation scriptée.
Rotation lente, déferlante ample, énergie basse. L'écran peut rester là des heures sans rien demander à personne.
La masse se contracte, la murmuration se calme, l'énergie de fond monte : quelque chose est en train d'entrer.
Rotation multipliée par quatre, rubans saturés, murmuration au maximum. C'est le seul moment où l'essaim paraît instable.
Luminosité haute et déferlante marquée, pulsée par l'amplitude réelle du signal vocal — la nuée bat sur la voix, pas sur une horloge.
Le sol
Sous l'essaim, des anneaux de réticules concentriques, en perspective. Ils sont pré-rendus une fois pour toutes : c'est du décor fixe, il n'a aucune raison d'être recalculé soixante fois par seconde. Leur seul rôle est de donner une altitude à la présence — sans eux, l'essaim flotte ; avec eux, il lévite. C'est toute la différence.
Ce qui reste de la V1
Toute la couche interactive a été conservée : la saisie fantôme, les prophéties, le texte qui se matérialise et s'évapore, les teintes, la sortie letterboxée 16:9 jusqu'en 4K, le chrome auto-masqué pour la vidéoprojection. Un changement notable côté son : les voix sont désormais des clips préparés, joués depuis un pool auto-géré — plus aucune synthèse en scène, donc plus aucun risque de latence ou de voix système au mauvais moment.
La V1 reste en ligne : les deux moteurs racontent la même chose de deux façons, et le choix se fait sur le lieu.
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