Un écran de décor qui ne répond pas est une image. Un écran qui répond est un accessoire de jeu : un comédien peut taper dedans, un visiteur peut l'explorer, un régisseur peut le piloter au top. MERIDIAN est un système d'exploitation qui n'a jamais existé — mais qui fonctionne.
Un OS jouable
Au démarrage, la machine fait sa séquence : POST, contrôle mémoire, sceau cryptographique, logo, barre segmentée « chargement des niveaux supérieurs ». On peut l'abréger d'un clic — c'est une séquence de décor, pas une punition.
Puis vient le multi-amorçage : comme un vieux BIOS, le moniteur propose trois systèmes. MERIDIAN OS, l'environnement fenêtré, démarre seul après quelques secondes si personne ne choisit — la machine de décor n'attend jamais un opérateur. MERIDIAN/TTY est le même monde en brutalisme télétype : plus une seule fenêtre, un terminal plein cadre où tout est caractère — cadres semi-graphiques, jauges en pavés, titres en vidéo inverse. MERIDIAN/VEC est son contraire exact : une épure vectorielle au trait capillaire, la coupe du silo devenue instrument circulaire gradué, cotée comme un plan d'architecte. Trois plastiques, un seul phosphore — Échap ramène toujours au sélecteur.
Ensuite, huit services numérotés en barre haute, et quatre modules réellement utilisables, dans des fenêtres qu'on déplace à la souris :
- ÉTAT SYSTÈME — gauges CPU, RAM, disque, thermique, pastilles d'état et journal qui défile tout seul.
- ARCHIVE — registre des scellés — cinquante-deux objets générés procéduralement, chacun avec sa photo de « scan » dessinée au canvas et sa fiche : origine, dimensions, mots-clés, niveau d'autorisation.
- UTILITAIRE DISQUE — un arbre de fichiers et une véritable invite de commande :
HELP,DIR,OUVRIR D:,SCAN,STATUS. L'analyse de secteurs s'anime pour de bon. - PLAN — coupe verticale — l'ouvrage sur trente-six niveaux : gaine, cabine, galerie, sas circulaire, grille de secteurs. On clique un étage, on lit sa cote de profondeur.
Le son du disque
Le lit sonore n'est pas une synthèse : c'est l'enregistrement d'un vrai disque dur, trente secondes en mono, joué en boucle. Un disque de synthèse s'entend immédiatement — le vrai a des irrégularités qu'on n'écrit pas.
Le reste est du routage : chaque « déplacement de tête » — à chaque commande, à chaque navigation — et le crépitement continu d'une analyse de secteurs sont des modulations de gain sur cet enregistrement. Le vrai disque monte et descend en intensité au rythme de ce que fait l'opérateur. Seuls les clics de touche, le bip d'ouverture de fenêtre et la tonalité de mise sous tension sont synthétisés.
Pensé pour la salle
Le visiteur navigue seul : il fouille le registre, ouvre un niveau, tape une commande. Il trouve ce qu'il cherchait, ou tombe sur autre chose — c'est souvent là que ça devient intéressant.
AUTO, 1080p, 4K — et CRT en 640×480 4:3, chrome resserré, pour un vrai moniteur cathodique. Forçable par URL pour capturer à l'identique.
Dérive anti burn-in d'environ six pixels sur sept minutes, curseur masqué, et une démo automatique qui reprend la main quand plus personne ne touche au clavier.
Avec effet CRT — scanlines, grain, vignette, scintillement — aberration chromatique et verre dépoli, chacun débrayable.
Une poignée de fonctions exposées dans la console pour ouvrir un module, le fermer ou déclencher l'activité disque au top d'une conduite.
La veine
La référence assumée est Silo : une administration souterraine qui documente tout, y compris ce qu'elle voudrait oublier. D'où les cadres imbriqués à coins crochets, la typo mono, et surtout le registre des scellés — l'idée qu'un objet du monde d'avant est catalogué, photographié, autorisé ou non. C'est le module qui raconte, les trois autres l'entourent.
Techniquement, tout tient dans un seul fichier, sans dépendance ni réseau — la seule exception étant l'enregistrement du disque dur. Une machine de décor ne doit rien attendre de personne pour s'allumer.
Ouvrir le terminal › Touches 1–8 pour les modules · F plein écran · C effet CRT · bouger la souris pour les réglages.
