L'entrée est le moment le plus important d'un parc, et le plus sacrifié. On dessine des mondes extraordinaires derrière des rangées de portillons, des bips, des barrières qui se déverrouillent une personne à la fois. Arbor prend le problème à l'envers : le billet se valide pendant que vous marchez.
Cette page est l'acte 1, conservé tel quel. C'est ici qu'Arbor est né, et c'est le banc d'essai de cette approche qui nous a fait évoluer. La version vivante du projet se lit dans Arbor V2, le billet reste dans la poche : nous publions ce que nous apprenons, y compris quand cela nous fait changer d'avis.
Le concept
Vous approchez, votre billet à la main ou à l'écran. Vous ne vous arrêtez pas, vous ne le tendez à personne, vous ne cherchez pas la vitre du lecteur : vous franchissez le seuil, tout simplement. Pendant ces quelques mètres, l'entrée vous a reconnu comme visiteur attendu, et ne vous l'a même pas fait remarquer.
Pour celles et ceux dont le billet n'a pas pu être lu, un téléphone éteint, un papier froissé, un enfant qui court devant, rien ne se bloque et personne n'est pointé du doigt : une attention discrète guide simplement l'accueil vers eux, pendant que le flux continue autour.
Ce que ça change
L'arrivée redevient un moment de scénographie, une arche, une lumière qui vous accompagne, pas un poste de contrôle.
Chaque passage à l'arrêt coûte des secondes qui se multiplient par des milliers. Ici, la file avance à la vitesse de la marche.
Poussettes, fauteuils, familles chargées : plus de couloir spécial ni de portillon élargi. Une seule voie, large, pour tout le monde.
Les agents ne déverrouillent plus des barrières : ils accueillent, et n'interviennent que là où on a vraiment besoin d'eux.
Le principe, vu du dessus
Ce que le banc nous a appris
La lecture de billets en mouvement a été mise sur banc d'essai, avec des billets réels, de vrais téléphones et un chronomètre. Le verdict est net : à l'arrêt, tout se lit, même avec une simple webcam. À vitesse de marche réelle, le taux de lecture s'effondre, entre le flou de mouvement, l'angle et les reflets.
On peut percer ce mur avec des caméras rapides et de la puissance de calcul. On peut aussi se demander s'il est au bon endroit : le billet du visiteur vit déjà sur son téléphone, et il y a une façon plus élégante de le laisser parler. C'est tout l'objet de l'acte 2.
La suite : Arbor V2
Le billet ne se montre plus du tout. Il vit sur le téléphone, et se valide tout seul en traversant une grotte aux racines : la caméra compte, elle ne reconnaît personne.
