Le débit d'une attraction ne se joue pas sur le parcours : le parcours dure exactement ce qu'il dure. Il se joue sur les vingt secondes de quai, et sur la capacité d'une équipe à composer, de tête, un train complet à partir de quatre files qui n'avancent pas à la même vitesse. APM prend cette charge à sa place.
Essayer la démonstration
Le spécimen est jouable tout de suite, dans le navigateur : le pupitre, l'écran de gare et l'instrument de cadence, pilotés par le même moteur. Il s'ouvre sur une séance déjà commencée, avec ses pannes et ses trous.
APM est un produit en conception, pas un logiciel en rayon. Le quai, les trains et les files de la démonstration sont inventés. Un placement n'a de valeur que s'il décrit votre quai : nombre de voitures, places PMR, portillons, cadence. La mise en service commence donc par un relevé sur place. Le détail est plus bas : un produit réglé pour un quai.
Ce qui se passe vraiment en gare
Quatre files arrivent en même temps : PMR, Express, Standard et Single Rider. Chacune a sa priorité, et chaque train a ses contraintes. Certains sont équipés pour les personnes à mobilité réduite, d'autres non, et sur un train équipé les places PMR sont à l'arrière, par deux. Ajoutez deux sièges condamnés le matin même, une famille de quatre qui ne veut pas se séparer et des places orphelines au milieu du train.
Tout cela se décide en quelques secondes, à voix haute, pendant que le train précédent freine. C'est un problème d'optimisation sous contrainte, et on le confie à la mémoire d'une personne qui fait ça depuis six heures.
APM le prend autrement. Devant les portes, un sas d'attente : huit boxes, une par porte, deux places chacune. Il se remplit pour le train suivant, pendant que celui d'avant est encore à quai ou en parcours. Quand le train entre en gare, tout le monde est déjà devant sa porte et monte d'un coup. On n'appelle jamais personne vers un train arrivé : c'est trop tard.
La gare lisible à douze mètres
L'écran de gare se lit en marchant, depuis la dernière boucle de la file. Il n'a qu'un contrat avec le visiteur : lui dire quoi faire et où aller. Une consigne à la fois, et le numéro de porte devient le plus gros objet de la gare.
La règle de lisibilité vient de la norme ISO 9241-303 : un caractère se lit s'il occupe au moins vingt minutes d'arc, soit à peu près la distance divisée par cent soixante-dix. À douze mètres, cela donne sept centimètres de capitale. « Avancez » en vise le double, parce que la file marche.
| Sur une dalle de 75″ | Capitale | Lisible jusqu'à |
|---|---|---|
| Le numéro de porte | 27,7 cm | 47 m |
| « Avancez » | 14,0 cm | 24 m |
| Les numéros du plan | 7,4 cm | 12,7 m |
| « Voyageur seul » | 7,2 cm | 12,3 m |
| La ligne en anglais | 3,7 cm | 6,4 m |
Ces distances sont des cibles, calculées pour une dalle de 75 pouces dont le bas passe à 2,50 m. La taille de l'écran et le niveau de lumière d'une zone verte allumée douze heures par jour se valident sur place, sur la vraie dalle.
Le reste suit. La porte s'affiche dans un cartouche fixe, comme une porte d'embarquement d'aéroport : on lit le chiffre avant les mots. Le quai est dessiné aux positions réelles des huit portes, par paires comme les voitures. La porte 8 porte le symbole international d'accès quand le train est équipé, et rien quand il ne l'est pas. L'anglais vient un cran plus bas, en gris : on le lit en approchant.
Deux choses ont quitté l'écran : le numéro du train et le nombre de places disponibles. Ce sont des états du système. Ils servent à l'équipe, ils ne disent au visiteur ni quoi faire, ni où aller. La police est Atkinson Hyperlegible, dessinée par le Braille Institute pour qu'aucun chiffre ne se confonde avec un autre.
Huit portes, huit lumières
L'écran principal appelle, la porte confirme. Chaque portillon répète la consigne là où tombe le regard de qui marche dans l'allée : une tête d'afficheur au-dessus du passage, une lisse lumineuse à hauteur de main, et le numéro incrusté dans le sol du sas.
Les dessins qui suivent décrivent un quai type, pas un site réel. Toutes les cotes y sont des cibles, en millimètres, à vérifier sur une maquette à l'échelle 1 avant tout chantier.
La tête de portillon ne connaît que trois états, comme l'écran : éteinte pour une porte libre, verte pour l'appel, bleue pour l'accès PMR. Chaque tête a son propre lecteur, avec son contenu en local : si le réseau tombe, la porte continue d'afficher son dernier ordre au lieu de s'éteindre.
Le pupitre en une lecture
Le pupitre se lit dans l'ordre du travail, de gauche à droite : les files, la composition, le train, les portes. Même gris de supervision qu'avant, la couleur réservée aux états. Seuls l'ordre et l'échelle ont changé.
Au centre, la décision et sa raison. L'appel proposé dit qui, vers quelle porte, et pourquoi : « Comble la place libre à côté de E-1004 ; sans lui, R-41 part avec un siège vide. » Dessous, les quatre appels suivants sont déjà calculés, et la dernière ligne dit si le train partira complet.
Le train est couché comme sur le quai, avant à gauche et portes dessous, et chaque siège porte le nom de son groupe. Un clic suffit pour condamner un siège en panne : il reste condamné sur ce train, à chaque rotation, jusqu'à ce qu'on le rende. Toutes les cibles tactiles font au moins 44 pixels, 64 pour l'action principale, et les chiffres sont en chasse fixe : un compteur qui change ne fait pas bouger sa colonne.
La cadence, instrument de quai
Le chef de quai a deux secondes pour regarder. Il dispose d'un afficheur à lui, qui répond à deux questions : est-ce que le prochain train part à l'heure, et combien la demi-heure a-t-elle coûté.
L'anneau compte les secondes avant le créneau du prochain départ. Passé zéro, l'arc repart en ambre et compte le retard. À côté, le débit moyen de la demi-heure face à la cible, l'écart écrit en clair, et la courbe de l'heure avec la cible et le seuil de 95 % en pointillés.
Puis le chiffre qui coûte : les sièges partis vides ce quart d'heure, condamnés d'un côté, trous de l'autre. Quand la moyenne reste cinq minutes sous 95 %, le bandeau passe au rouge et nomme la perte la plus lourde : « R-42 roule avec deux sièges condamnés », ou « plus de single rider depuis 10 h 03 ». Il propose le geste qui y répond.
Dans la démonstration, ces chiffres viennent du même moteur que le pupitre. Il joue seul une heure et demie de séance avant le premier affichage, avec deux sièges condamnés sur un train et une file single rider qui se tarit, pour que la moyenne ait une vraie demi-heure à mesurer. La cible de 1 200 visiteurs par heure et le seuil d'alerte à 95 % pendant cinq minutes sont des réglages de départ, à fixer avec l'exploitant.
Ce que ça change
Chaque place non pourvue est un visiteur de moins par heure, toute la journée. Le placement se calcule pendant le parcours, pas pendant l'embarquement.
La règle est tenue par le système : l'arrière du prochain train équipé est réservé d'office.
L'opérateur arbitre les cas humains, une famille, une poussette, au lieu de tenir le plan du train dans sa tête.
Pas d'appel au micro, pas de comptage : un ordre et un numéro de porte, lisibles depuis la file.
Un produit réglé pour un quai
Le nombre de voitures, la place des portes, les trains équipés, la cadence visée : tout cela est de la configuration. Le même moteur sert un quai de huit portes comme un quai de douze, à condition de le relever d'abord.
Les affichages tournent sur des lecteurs BrightSign, un par écran, avec leur contenu en local. Le calcul tourne sur un serveur Linux du site. Pour compter les personnes, une caméra est fiable ; pour savoir qui est avec qui, elle ne l'est pas. Le groupe se confirme donc à la baie, par le billet et un geste de l'opérateur.
La démonstration est un seul fichier, sans serveur ni dépendance externe, avec un aléa reproductible : elle rejoue la même séance à chaque rendez-vous.
Parlons de votre quai
Le plus simple est de nous montrer l'embarquement et de nous dire où il coince aujourd'hui. Le relevé sur place est le vrai point de départ.
